Chère imagination, ce que j'aime surtout en toi, c'est que tu ne pardonnes pas.
Le seul mot de liberté est tout ce qui m'exalte encore.
Je le crois propre à entretenir, indéfiniment, le vieux fanatisme humain. Il répond sans doute à ma seule aspiration légitime.
Parmi tant de disgrâces dont nous héritons, il faut bien reconnaître que la plus grande liberté d'esprit nous est laissée. A nous de ne pas en mésuser gravement.
Réduire l'imagination à l'esclavage, quand bien même il y irait de ce qu'on appelle grossièrement le bonheur, c'est se dérober à tout, ce qu'on trouve, au fond de soit, de justice suprême.

André Breton, Premier manifeste du surréalisme, 1924


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